Introduction et notions fondamentales
De nombreux problèmes rencontrés en mathématiques, en informatique et en ingénierie ont une caractéristique commune : ils mettent en jeu des objets entre lesquels existent des relations.
Or, ces relations ne sont pas toujours :
- numériques,
- ordonnées,
- ni naturellement décrites par des fonctions ou des équations.
La théorie des graphes fournit alors un cadre mathématique simple et puissant pour :
- représenter ces relations,
- raisonner sur leur structure,
- et concevoir des algorithmes efficaces.
Exemple : Réseau de communication
- Objets : ordinateurs, routeurs, villes, centres de données
- Relation : possibilité de communication directe
Question naturelle :
- Peut-on envoyer un message d'un point à un autre en passant par des relais intermédiaires ?
Exemple : Réseau de routes
- Objets : villes
- Relation : existence d'une route directe
Problèmes typiques :
- existe-t-il un chemin entre deux villes ?
- quel est le chemin le plus court ?
- que se passe-t-il si une route est coupée ?
Exemple : Dépendances entre tâches
- Objets : tâches d'un projet
- Relation : "la tâche A doit être terminée avant la tâche B"
Problèmes typiques :
- dans quel ordre exécuter les tâches ?
- existe-t-il une contradiction (cycle de dépendances) ?
Ces situations, bien que très différentes, partagent une structure commune : des éléments et des liaisons.
C'est précisément ce que formalise un graphe.
Définition d'un graphe
- \(S = \{s_1, s_2, \dots, s_n\}\) est un ensemble fini de sommets,
- \(A = \{a_1, a_2, \dots, a_n\} \subseteq S \times S\) est un ensemble d'arêtes, représentant les relations entre sommets.
Exemple de graphe
Considérons le graphe \(G = (S, A)\) où :
- \(S = \{A, B, C, D\}\)
- \(A = \{(A, B), (A, A), (B, C), (A, C), (B, D), (A, D), (C, D)\}\)

Note : La boucle sur A n'est pas représentable en ASCII
- le dessin d'un graphe n'est qu'une représentation,
- deux dessins différents peuvent représenter le même graphe.
Types de graphes
Exemple de graphe simple

Exemple de graphe non orienté

Exemple de graphe orienté

Cette fonction \(w\) associe un nombre réel à chaque arête \(e \in A\). Ce nombre est appelé le poids de l'arête.
Dans un graphe non pondéré, toutes les arêtes sont considérées comme égales (poids de 1). Dans un graphe pondéré, ces valeurs permettent de hiérarchiser l'importance ou le coût des connexions.
Exemple de graphe pondéré

Pour chaque liaison \(e\) du graphe, la valeur \(w(e)\) indique :
- Le coût associé (comme une distance, une durée ou un prix).
- L'intensité de la relation entre les deux sommets reliés.
Vocabulaire fondamental
Ordre d'un graphe
L'ordre du graphe de l'exemple précédent est 4.
Sommets adjacents
- L'adjacence est une relation symétrique dans un graphe non orienté.
- Dans un graphe orienté, on distingue :
- \(u\) est prédécesseur de \(v\),
- \(v\) est successeur de \(u\).
Exemple
Dans un graphe simple, le sommet A est adjacent à B et C.
Arête incidente
Degré d'un sommet
Dans un graphe orienté, chaque arête possède un sens, ce qui conduit à distinguer deux types de degrés.
Pour un sommet \(v\), on définit :
- degré entrant : \(d^{-}(v) = \text{nombre d'arcs arrivant en } v\)
- degré sortant : \(d^{+}(v) = \text{nombre d'arcs partant de } v\)
- Une boucle \(\{v, v\}\) contribue pour 2 au degré de \(v\).
- Dans un graphe simple, le degré d'un sommet est compris entre : \[ 0 \le \deg(v) \le |S| - 1 \]
Comptons le nombre d'éléments de l'ensemble \(S\) de deux manières différentes :
- Par les sommets : Chaque sommet \(v\) appartient à exactement \(\deg(v)\) couples de \(S\) (un couple pour chaque arête incidente). La somme totale est donc \(\sum_{v \in S} \deg(v)\).
- Par les arêtes : Chaque arête \(e \in A\) possède exactement deux extrémités. Elle apparaît donc dans exactement deux couples de \(S\). Le nombre total de couples est donc \(2 \times |A|\).
Puisque \(\deg(v)\) est pair pour \(v \in S_1\), le premier terme du membre de droite de la dernière égalité est pair. De plus, la somme des deux termes du membre de droite de la dernière égalité est paire, car cette somme est égale à \(2m\).
Par conséquent, le second terme de la somme est également pair. Comme tous les termes de cette somme sont impairs, il doit y avoir un nombre pair de tels termes. Ainsi, il existe un nombre pair de sommets de degré impair.
Récapitulatif des concepts clés
| Concept | Définition | Notation |
|---|---|---|
| Graphe | Couple (sommets, arêtes) | \(G = (S, A)\) |
| Ordre | Nombre de sommets | \(|S|\) |
| Boucle | Arête reliant un sommet à lui-même | \(\{u, u\}\) |
| Adjacence | Relation entre deux sommets reliés | \(u \sim v\) |
| Degré (non orienté) | Nombre d'arêtes incidentes | \(\deg(v)\) |
| Degré entrant (orienté) | Nombre d'arcs arrivant | \(d^{-}(v)\) |
| Degré sortant (orienté) | Nombre d'arcs partant | \(d^{+}(v)\) |
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