La longueur de la concaténation de deux mots est la somme des longueurs individuelles

29 May 2022 29 May 2022 1856 vues ESSADDOUKI Mostafa 4 min de lecture
Proposition Soit u et v deux mots sur un alphabet \(\Sigma\). La longueur de leur concaténation est la somme des longueurs individuelles : \[ |uv| = |u| + |v| \]

Démonstration

Pour prouver cette propriété, nous avons d'abord besoin d'une définition de la longueur d'une chaîne. On fait une telle définition de manière récursive :

Définition récursive de la longueur \[ |a| = 1 \quad \text{pour tout } a \in \Sigma \] \[ |wa| = |w| + 1 \quad \text{pour tout } a \in \Sigma \text{ et tout mot } w \text{ sur } \Sigma \]

Cette définition est une déclaration formelle de notre compréhension intuitive de la longueur d'un mot : la longueur d'un seul symbole est de un, et la longueur de tout mot est augmentée de un si nous y ajoutons un autre symbole.

On peut prouver la propriété par induction sur la longueur de v.

Cas de base

Par définition, la propriété est valable pour tous les u de longueur quelconque et tous les v de longueur 1.

En effet, si \(|v| = 1\), alors \(v = a\) pour un certain symbole \(a \in \Sigma\). Par définition de la concaténation et de la longueur : \[ |uv| = |ua| = |u| + 1 = |u| + |v| \] Donc le cas de base est vérifié.

Étape inductive

Hypothèse d'induction : Supposons que la propriété est valable pour tous les u de longueur quelconque et tous les v de longueur \(k\) avec \(1 \le k \le n\).

Considérons maintenant un mot v de longueur \(n+1\). On peut l'écrire sous la forme \(v = wa\), où \(a \in \Sigma\) et \(w\) est un mot de longueur \(n\) (car en enlevant le dernier symbole, on obtient un mot de longueur \(n\)).

Alors :

  • Par définition de la longueur : \(|v| = |w| + 1\)
  • Par définition de la concaténation : \(uv = u(wa) = (uw)a\) (la concaténation est associative)
  • Par définition de la longueur : \(|uv| = |(uw)a| = |uw| + 1\)

Par l'hypothèse d'induction (qui est applicable puisque w est de longueur n), nous avons : \[ |uw| = |u| + |w| \]

En substituant :

\[ |uv| = (|u| + |w|) + 1 = |u| + (|w| + 1) = |u| + |v| \]

Par conséquent, la propriété est valable pour tous les u et tous les v de longueur \(n+1\).

Conclusion

Par le principe d'induction, la propriété \(|uv| = |u| + |v|\) est vraie pour tous les mots u et v sur \(\Sigma\).

Structure de la démonstration
  1. Définition récursive de la longueur d'un mot
  2. Cas de base : \(v\) de longueur 1 (vérification directe)
  3. Hypothèse d'induction : propriété vraie pour tout mot v de longueur ≤ n
  4. Pas d'induction : pour un mot v de longueur n+1, on le décompose en \(v = wa\) et on utilise l'hypothèse sur w
  5. Conclusion : la propriété est vraie pour toute longueur

  Exemple illustratif

Soit \(\Sigma = \{a, b\}\), \(u = aba\) et \(v = bba\).

  • \(|u| = 3\) (a, b, a)
  • \(|v| = 3\) (b, b, a)
  • \(uv = ababba\)
  • \(|uv| = 6\) (a, b, a, b, b, a)

On vérifie bien que \(|uv| = 6 = 3 + 3 = |u| + |v|\).

Remarque sur la méthode d'induction

Cette démonstration est un exemple classique de récurrence structurelle : on utilise la définition récursive des mots pour prouver une propriété par induction sur la longueur. C'est une technique fondamentale en théorie des langages formels.

Résumé des étapes
ÉtapeDescriptionExpression
DéfinitionLongueur d'un symbole\(|a| = 1\)
DéfinitionLongueur d'un mot avec ajout\(|wa| = |w| + 1\)
Cas basev de longueur 1\(|ua| = |u| + 1 = |u| + |a|\)
HypothèsePropriété vraie pour |v| ≤ n\(|uw| = |u| + |w|\) pour |w| = n
Pas inductifv = wa avec |v| = n+1\(|uv| = |uwa| = |uw| + 1 = |u| + |w| + 1 = |u| + |v|\)

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